Description

Simon Bilodeau a développé une pratique dans le cadre de laquelle chaque image est créée en lien étroit avec les conditions de son exposition. Soucieux de la mise en espace de ses œuvres, il réfléchit systématiquement à l’accrochage de ses tableaux et à la scénographie de ses installations sculpturales. Des dispositifs sont souvent construits in situ pour les accueillir, notamment des cimaises et des socles. Ses tableaux sont toujours peints en camaïeu de gris, puisque l’artiste emploie exclusivement le noir et le blanc depuis 2004. La sobriété chromatique est mise au profit de la charge symbolique des motifs employés. Dans le choix de ses sujets, les références à l’exploitation des ressources naturelles s’avèrent récurrentes. Lorsqu’il met en lumière l’obsolescence ou le caractère paradoxal de certaines idéologies, il le fait sans pour autant promouvoir une position particulière relativement aux sujets abordés. L’iconographie des tableaux de l’installation Le monde est un zombie privilégie l’utilisation de symboles liés aux conflits armés. Divers avions de guerre sont reproduits avec la précision du dessin d’illustration. Des motifs d’explosion sont aussi repérables et contrastent avec le travail de texture résultant de l’accumulation de couches de peinture. Avec ce projet, qui comporte aussi un pendant sculptural, Simon Bilodeau ouvre une réflexion bien plus large sur le futur des sociétés postindustrielles. M.-E. B.