Description

La peinture de Mike Bayne trompe le regard par sa facture hyperréaliste et son format intime qui l’apparente à la miniature. Peignant toujours d’après des photographies qu’il prend lui-même, l’artiste s’intéresse à l’image instantanée du quotidien et à son apparence banale. L’examen minutieux qu’il fait du paysage de la banlieue nord-américaine à travers la représentation de ses édifices, de ses commerces, de ses places et de son mobilier en dépeint l’isolement et la banalité. Dans Liquor, l’absence de présence humaine et l’immobilité de l’environnement ont pour effet de diriger notre attention sur le rendu des détails et l’immense soin qui leur est apporté. La précision des nuances dans le travail de la lumière est frappante, de même que la maîtrise d’exécution visible dans la représentation du sol asphalté, où les traces de pneus, les imperfections et les résidus d’huile sont scrupuleusement reproduits. L’artiste capte une réalité que la photographie ne pourrait révéler. L’investissement de temps qu’exige chacune de ses œuvres crée ainsi un étrange paradoxe entre la banalité du sujet représenté et la virtuosité technique requise. J. B.

Capsule historique